dimanche 24 octobre 2010

Colorisation numérique: bon ou mauvais outil?

Ah! Que de possibilités offertes à l'artiste de BD depuis l'avènement de la colorisation numérique!
Il est loin le temps où il fallait réaliser des « copies en bleu » de sa planche encrée, badigeonner à la gouache, l'aquarelle ou la peinture acrylique, puis superposer un « transparent » afin de joindre le trait à la couleur...
Peu a peu, les lecteurs on vu apparaître dans les aventures de leurs héros préférés, des effets toujours mieux réalisés: dégradés de couleur, reflets lumineux, ombres portées...
Le lecteur averti aura même repéré que certains éléments de décors ne semblent plus tracés en noir, mais en bleu, en beige...ceci accentuant l'effet de perspective...
Oui, il faut reconnaître les avancées permises par le traitement numérique des dessins.
Mais la colorisation numérique peut avoir des effets désastreux. Surtout si elle est utilisée comme une fin en soi et non un outil au service de la créativité.
C'est ce qu'on du penser les artistes de la série Mégalex, aux éditions Les Humanoïdes Associés. Leur deux premiers albums sont truffés d'effets numériques. On y trouve des textures jamais vues ailleurs. Mais on est vite lassé par ces remplissages genre « tapisserie » A tel point que l'histoire, pourtant incroyablement réussie de JODOROWSKI, en est ternie...
Le troisième album, des mêmes auteurs, est tout à fait différent. Les effets numériques ont largement été diminués. Fred BELTAR est revenu à un style plus classique avec des ombres tracées, du volume. Un revirement heureux, et d'autant plus habile que certains effets numériques ont été conservés, et utilisés au bon endroit, au bon moment, provoquant l'effet graphique adéquat. Lisez donc cette saga et délectez-vous de l'art retrouvé!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire